Conformité fiscale

Attestation NF525 : tout savoir (et pourquoi « certifié » est trompeur)

La loi anti-fraude TVA française impose à tout commerçant assujetti à la TVA d'utiliser un logiciel de caisse conforme. La majorité des éditeurs disent « certifié NF525 » — c'est juridiquement imprécis, parfois trompeur. Voici le vrai cadre.

L'origine : la loi anti-fraude TVA de 2018

Depuis le 1er janvier 2018, l'article 286-I-3°bis du Code général des impôts impose à tout assujetti à la TVA qui enregistre les règlements de ses clients via un logiciel de caisse, comptabilité ou gestion d'utiliser un système satisfaisant à des conditions d'inaltérabilité, de sécurisation, de conservation et d'archivage.

L'objectif est clair : empêcher la « caisse au noir », c'est-à-dire la suppression ou la modification a posteriori des tickets pour minorer la TVA déclarée. La sanction en cas de manquement : 7 500 € d'amende par logiciel non conforme, plus régularisation et redressement.

Comment prouver la conformité ? Deux voies, pas une

Le législateur a prévu deux voies équivalentes pour démontrer la conformité :

1. L'attestation individuelle de l'éditeur

L'éditeur du logiciel délivre une attestation au format PDF, signée et datée, qui certifie sur l'honneur que son logiciel respecte les quatre conditions légales (inaltérabilité, sécurisation, conservation, archivage). Cette attestation est conservée par le commerçant et présentée en cas de contrôle fiscal.

C'est la voie utilisée par la grande majorité des éditeurs en France, y compris Le Ticket. Légalement, c'est suffisant.

2. La certification par un organisme tiers (NF525)

Le référentiel NF525, géré par AFNOR Certification (et auditée par le LNE — Laboratoire National d'Essais), permet à un éditeur d'obtenir un certificat tiers de conformité. La démarche est volontaire, payante (plusieurs milliers d'euros par an), et plus exigeante : audits, tests, recertifications annuelles.

Seuls quelques éditeurs ont effectivement passé la certification NF525. Les autres se contentent — légitimement — de l'attestation.

Pourquoi « certifié NF525 » est trompeur

Sur les sites web, plaquettes et publicités de nombreux éditeurs, on lit « certifié NF525 ». Pourtant, certifier suppose un certificat délivré par un tiers indépendant. Sans ce certificat tiers, parler de « certification » est imprécis et potentiellement trompeur (article L.121-2 du Code de la consommation sur les pratiques commerciales trompeuses).

La DGCCRF et certains concurrents sont attentifs à ces formulations. Plusieurs éditeurs ont reçu des mises en demeure pour avoir utilisé « certifié » sans détenir le certificat tiers.

La bonne formulation, juridiquement et factuellement, c'est :

  • « Logiciel attesté NF525 » (si vous avez l'attestation éditeur)
  • « Logiciel certifié NF525 » uniquement si vous avez le certificat AFNOR/LNE en main
  • « Conforme à la loi anti-fraude TVA / NF525 » (formulation neutre, toujours juste)

Les 4 conditions légales (inaltérabilité, sécurisation, conservation, archivage)

Inaltérabilité

Une fois enregistré, un ticket ne peut plus être modifié ni supprimé. Toute correction doit passer par une opération traçable (annulation suivie d'un nouveau ticket, par exemple), et l'historique doit rester complet.

Sécurisation

Chaque ticket est signé numériquement et chaîné au précédent (le hash du ticket N inclut une trace du ticket N-1). Cela rend impossible la suppression d'un ticket sans casser la chaîne — et la rupture est détectable par l'administration.

Conservation

Les données doivent être conservées au moins 6 ans dans un format exploitable. C'est la durée légale du contrôle fiscal en France.

Archivage

À intervalles réguliers (en pratique : annuel pour la clôture comptable), les données sont figées dans un archive scellé exportable au format normalisé prévu par l'administration.

Le Ticket — attesté NF525

Attestation au format PDF fournie à chaque client

Tous les tickets signés et chaînés selon NF525, y compris en mode hors ligne pour les food trucks. Présentable directement à l'administration en cas de contrôle.

Demander l'attestation

Et concrètement, pour un restaurateur ?

Si vous gérez un restaurant, bar, snacking, boulangerie, food truck ou pizzeria et que vous êtes assujetti à la TVA :

  1. Vous devez utiliser un logiciel de caisse conforme.
  2. Vous devez détenir l'attestation de l'éditeur (ou son certificat NF525 le cas échéant) au format PDF, à présenter en cas de contrôle.
  3. Vous ne pouvez pas modifier ou supprimer un ticket déjà émis. Une erreur se corrige par un ticket d'annulation puis un nouveau ticket.
  4. Vous devez conserver les données pendant 6 ans minimum.

Cas spécial — l'auto-entrepreneur ou la micro-entreprise non assujetti à la TVA : la loi ne s'applique pas. Pas d'obligation d'attestation. Mais dès que vous dépassez les seuils de franchise et devenez redevable de la TVA, la conformité devient obligatoire.

Ce qu'il faut demander à son éditeur

  • L'attestation au format PDF, datée et signée. Sans ça, vous êtes hors la loi.
  • La preuve que les tickets sont signés et chaînés (rupture détectable).
  • La fonctionnalité d'archive annuelle exportable.
  • La gestion correcte des annulations (pas de suppression directe).
  • Si l'éditeur revendique une certification tierce : le certificat AFNOR/LNE en cours de validité.

Le Ticket et la conformité NF525

Le Ticket est attesté NF525. Notre attestation au format PDF est fournie à chaque client lors de la mise en service. Tous les tickets sont signés cryptographiquement et chaînés selon le référentiel — y compris en mode hors ligne pour les food trucks et événements en zone blanche.

Nous n'utilisons pas la formulation « certifié NF525 » : nous ne disposons pas du certificat tiers AFNOR. L'attestation reste légalement suffisante, et nous préférons être précis avec nos clients plutôt que jouer sur les mots.

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